Depuis la loi ALUR de 2014, certaines communes peuvent imposer aux propriétaires une démarche administrative avant toute nouvelle mise en location : c'est ce qu'on appelle communément le « permis de louer ». Paris a progressivement étendu ce dispositif à plusieurs quartiers pour lutter contre l'habitat indigne et les marchands de sommeil. En 2026, de plus en plus de propriétaires bailleurs parisiens sont concernés — souvent sans le savoir. Voici ce qu'il faut connaître avant de signer un nouveau bail.

Permis de louer : de quoi parle-t-on exactement ?

Le « permis de louer » n'est pas un document unique : il regroupe en réalité deux régimes distincts prévus par le Code de la construction et de l'habitation (articles L.634-1 à L.635-11), que les communes peuvent activer par secteur géographique :

L'objectif affiché par la Ville de Paris est de repérer en amont les logements indignes, sur-occupés ou dangereux, et de dissuader les propriétaires peu scrupuleux de mettre en location des biens non conformes.

Ces deux régimes ne s'appliquent que dans les zones définies par arrêté municipal — ils ne concernent donc pas l'ensemble du parc locatif parisien, mais des secteurs précis désignés par la mairie.

Quels quartiers parisiens sont concernés en 2026

La Ville de Paris a mis en place ces dispositifs de façon progressive, en ciblant prioritairement des immeubles ou copropriétés repérés pour leur état dégradé, notamment dans certains secteurs des 10e, 18e et 19e arrondissements. Le périmètre est défini rue par rue, voire immeuble par immeuble dans certains cas, et peut évoluer chaque année par décision du conseil municipal.

Concrètement, deux adresses voisines peuvent relever de régimes différents : l'une soumise à simple déclaration, l'autre à autorisation préalable, la troisième non concernée du tout. Il est donc indispensable de vérifier la situation exacte de votre bien avant chaque nouvelle location, et de ne pas se fier à ce qui s'appliquait l'année précédente.

⚠️ Le zonage évolue régulièrement. Un immeuble qui n'était pas concerné lors de votre dernière mise en location peut très bien l'être devenu — et inversement. Une vérification systématique avant chaque nouveau bail est la seule façon d'éviter une mauvaise surprise.

La procédure : démarches, pièces et délais

Lorsque votre bien est situé dans une zone soumise à l'un de ces régimes, voici un tableau récapitulatif des deux dispositifs, suivi des grandes étapes à anticiper :

Régime applicableCe qui est exigé avant la mise en locationDélai d'instructionSanction si non-respect
Déclaration de mise en locationFormulaire déposé en mairie, sans attendre de réponse formelleAccusé de réception immédiatAmende administrative pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros
Autorisation préalable de mise en locationDossier complet (CERFA, diagnostics, photos) et accord exprès de la mairie avant signature du bailEnviron 1 mois (silence ne valant pas toujours accord)Amende majorée, montant accru en cas de récidive sous 3 ans

Dans le régime de l'autorisation préalable, signer un bail avant d'avoir obtenu l'accord de la mairie constitue une irrégularité, même si le logement est par ailleurs en parfait état.

Sanctions en cas de non-respect

Le non-respect de ces obligations expose le propriétaire à des sanctions financières, indépendamment de l'état réel du logement :

⚠️ Ces amendes s'appliquent même si le logement ne présente aucun désordre particulier : c'est l'absence de démarche administrative elle-même qui est sanctionnée, pas seulement l'état du bien.

Comment rester serein face à ces démarches

Pour un propriétaire qui gère seul son bien, le principal risque est de passer à côté de l'obligation, faute d'information sur le zonage applicable à son adresse exacte — d'autant que ce zonage peut changer d'une année à l'autre sans communication systématique auprès des propriétaires.

La Nouvelle Parisienne intègre systématiquement la vérification du zonage « permis de louer » dans chaque mandat de gestion et chaque mise en location, afin que nos propriétaires n'aient jamais à se soucier de ces formalités.

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